• Sully et ses trois châteaux

     

    À Sully, on a UN château (ce n’est un secret pour personne !). Mais, comme Cadet Roussel a trois maisons, nous avons également eu trois châteaux.

    Souvenez-vous : nous avons aussi eu DEUX châteaux (d’eau). Situés dans l’Avenue du Hameau, face au site Saint-Gobain, ces deux châteaux d’eau ont longtemps dominé ce quartier de la commune.

     

    Le château et les deux chât'eau 

    Emplacement des deux anciens châteaux d'eau - Cliquer sur l'image pour l'agrandir

     

    Ils n’avaient – il faut bien l’avouer – rien de remarquable ni de particulier, contrairement à certains autres (à Sully-sur-Loire, mode d’emploi, on a un faible, dans le département, pour celui de Pannes, près de Montargis ; si vous passez par-là, il vaut à notre avis un petit détour ; voir ci-dessous). Les deux châteaux d’eau de la commune se contentaient d’être fonctionnels, sans recherche ni souci d’esthétique.

     

     

    Le château d'eau de Pannes - Cliquer sur le carré gris en haut à droite pour agrandir l'image 

     

     

    Christian Cardoux, dans son incontournable ouvrage consacré à notre commune, Sully-sur-Loire de la Révolution française à la Révolution industrielle, 2003, page 159, nous donne quelques informations sur ces deux châteaux d’eau et sur les circonstances de leur construction.

     

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    Ce problème [celui de l’approvisionnement en eau] est aussi vieux que la ville elle-même. Il a été réglé au fil des siècles par le creusement de puits particuliers et de fontaines publiques. Le grand Sully avait fait poser une canalisation en bois de plus de 3 km entre le site de Pisseloup et son château pour alimenter ses jardins, ses fontaines et ses besoins. Un puits artésien profond de 340 mètres assurait, et bien au-delà, ses besoins domestiques et ceux de ses descendants. On a vu qu’à la fin de XIXe siècle le comte de Béthune-Sully avait offert à la ville de lui fournir une alimentation en eau d’appoint à partir de ce puits artésien, offre acceptée dans un premier temps et rejetée ensuite par le Conseil municipal. L’édification sur le Pré Huby, au Hameau, d’un château d’eau, inauguré le 31 juillet 1938, l’eau étant alors puisée dans la nappe de ce lieudit, ne pouvait constituer qu’une solution temporaire.

    En juillet 1947, en raison de la grande sécheresse et de la chaleur torride, la Municipalité est contrainte de prendre des mesures de restriction. La question de l’alimentation, en quantité et en régularité, est à nouveau posée en janvier 1950. Il y a, en fait, deux problèmes complémentaires : l’insuffisance de la ressource et le dysfonctionnement répétitif de la machinerie de pompage, qui sont l’objet de débats animés au cours d’une nouvelle réunion du Conseil. Sur le premier point, on cafouille : de nouvelles recherches dans le sous-sol du pré Huby se sont révélées infructueuses, et on remet en selle la possibilité d’utiliser le puits du château ou celui des Établissements Charpentier. Certains préconisent de rechercher du côté de Saint-Père, dans la zone des puits Massas et Moreau, où selon un sourcier la ressource serait abondante. Hypothèse très controversée, et tout cela donne lieu à des discussions sans résultats. Il en est à peu près de même pour ce qui concerne la machinerie : on polémique avec le réparateur, polémiques avivées par les y’a qu’à… Le besoin est pourtant de plus en plus pressant et pour y faire face, tout au moins temporairement, de grosses réparations sont effectuées dans le puits du Hameau, complétées par la mise en place d’une pompe plus puissante. Enfin, le 28 décembre 1956, le Conseil arrête le principe de la construction d’un deuxième château d’eau, jumelé avec le premier. Les recherches de nouvelles ressources  ne donnent guère de résultats mais on les intégrera d’autant plus que la nappe phréatique du Hameau s’épuise. Le second château d’eau, dont la construction est confirmée en mai 1958 et dont le coût est chiffré à 14 millions de francs, sera essentiellement un château-réservoir. Le puisage à Saint-Père doit fournir 600 mètres cubes par jour par douze heures (la consommation de Sully est alors de 1 200 à 1 300 mètres cubes par jour, avec des pointes à 1 900). En contrepartie, Sully alimentera l’agglomération de Saint-Père. On parlait beaucoup, à l’époque, de Colombey-les-Deux-Églises ; les gens d’esprit ne manquent pas de citer Sully-les-deux-châteaux (hauts de 39,50 mètres, y compris les réservoirs de 10 mètres) ; il [sic] le restera pendant de nombreuses années, jusqu’à la démolition de ces ouvrages entreprise entre octobre et décembre 1988. 

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    Christian Cardoux, Sully-sur-Loire, de la Révolution française à la Révolution industrielle, 2003, page 159

     

     

    Un lecteur, que nous remercions chaleureusement (il se reconnaîtra), nous a transmis deux articles du Journal de Gien d’octobre 1988 rendant compte de la démolition de nos deux châteaux d’eau sullylois. Nous les reproduisons ci-dessous.

     

    Le château et les deux chât'eau

    Le Journal de Gien (6 octobre 1988) - Cliquer sur l'image pour l'agrandir

     

    Le château et les deux chât'eau

    Le Journal de Gien (13 octobre 1988) - Cliquer sur l'image pour l'agrandir

     

     

    Les deux nouveaux réservoirs qui les ont complétés, avant de les remplacer, ont été construits en 1984, à la sortie de la commune, sur la route d’Isdes, non loin du terrain d'accueil des gens du voyage. Ils sont plus discrets dans le paysage puisqu’ils sont de type « réservoir au sol » (photo ci-dessous). On n’a pas d’informations spécifiques sur le volume d’eau stocké dans ces deux réservoirs.

     

     

    Les deux nouveaux châteaux d’eau, route d'Isdes - Cliquer sur le carré gris en haut à droite pour l'agrandir

     

     

    Si vous avez d'autres photos de ces deux anciens châteaux d'eau avant leur démolition, et si vous souhaitez les mettre à la disposition de tous, merci de me contacter dans la rubrique « Contacter l'auteur ». 

     

     

    [Mis en ligne le 8/06/2018]

     

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  • Commentaires

    2
    Samedi 9 Juin à 17:15

    @Bugoss

    Rassurez-vous, vous n'êtes sans doute pas le seul à avoir oublié !

    C'est inouï avec quelle rapidité nous oublions les transformations successives.

    Les communes devraient avoir obligation de documenter photographiquement (et par vidéo et tout autre moyen technique existant) tous les travaux et les transformations réalisés, afin que tout soit enregistré et archivé en lieu sûr pour les générations futures.

    1
    Bugoss
    Samedi 9 Juin à 16:46
    Merci pour cette documentation,j'avais oublier ses 2 géants de béton
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